Atelier

PROLOGUE

La fabrication de bijoux n'est pas un travail qui se fait sans efforts physiques. Les lingots, les plaques, les fils et les tubes d'argent, d'or et de platine, ne se laissent pas laminer, plier, tourner, emboutir avec légèreté ou du bout des doigts.

L'ouvrier, celui qui fait une oeuvre, doit y mettre tout son coeur, ses connaissances, son imagination, son talent et plus de force que l'on pense généralement.

En prenant le temps nécessaire, en respectant toutes les étapes du travail fait entièrement à la main, l'ouvrier fera de chacune de ses pièces un bijou de haute qualité.

L'ATELIER

L'atelier est situé au premier étage de la boutique. On y trouve trois établis avec chacun une cheville, c'est-à-dire une pièce de bois sur laquelle le bijoutier-joaillier travaille, et une peau de mouton qui sert à récupérer les limailles des métaux précieux. Michel Zimmermann et ses deux fils, Vincent et Pierre, y travaillent tous les jours.

Les outils qu'ils utilisent quotidiennement sont relativement simples : des scies très fines, de grandes et petites limes, des pinces, un marteau, un chalumeau, des échoppes, des bouterolles, du papier d'émeri, des brucelles, une loupe, un compas à pointe sèche sans lequel on ne peut travailler avec précision, un pied à coulisse, des filières pour tirer du fil de différentes dimensions, des forets et des fraises pour la mise en pierre et le sertissage. Beaucoup d'autres petits outils rares servent aussi à la fabrication des bijoux.

LA CONCEPTION

Dans le domaine de la bijouterie-joaillerie, les dessins et les croquis se font toujours à l'échelle un : le dessin et le bijou sont donc de la même dimension. La compréhension du bijou et de tous ses aspects est ainsi plus claire pour tous. Le respect d'un dessin bien pensé, une fabrication traditionnelle à la main et une bonne interprétation du volume donnent naissance à de belles pièces.

Il ne faut pas oublier la matière d'oeuvre, les métaux précieux, soit l'argent, l'or 18k et le platine pour la bijouterie, et les pierres précieuses, les pierres fines, les pierres ornementales et les perles pour la joaillerie.

La création d'une pièce de joaillerie peut se faire directement sur papier à partir de croquis et de dessins en couleur. La recherche des pierres, qui n'est pas toujours facile, se fait alors plus tard.

L'autre voie de création en joaillerie consiste à choisir d'abord une ou plusieurs pierres qui imposent alors leurs formes, leurs couleurs, leurs brillances et servent d'inspiration au créateur.

Les idées de Michel Z. sont simples, ses croquis et ses dessins sont lisibles au premier coup d'oeil. Parfois, des détails, des éléments plus nombreux s'ajoutent pour créer l'obligation d'un deuxième regard, pour retenir l'attention plus longtemps, comme en amour. Création et amour, pour vaincre un peu la mort et ajouter une dose d'infini à la vie.

LA FABRICATION, INTRODUCTION

Malheureusement, les bijoux, du moins pour la grande majorité d'entre eux, sont maintenant fabriqués par moulage, méthode de reproduction utilisant des moules de caoutchouc, de la cire et du plâtre. À chacune de ces étapes naissent des imprécisions, des défauts, des faiblesses. La qualité de ces bijoux n'est pas l'idéal. Le moulage ne donne pas non plus la complète liberté de création que procure le travail fait à la main.

Heureusement, le travail fait à la main assure la véritable originalité de l'oeuvre, une plus grande solidité, une plus grande densité, une précision insurpassable.

Le client attentif verra et comprendra qu'il achète du travail fait avec respect et amour des humains et de la matière pour atteindre un plaisir authentique et durable.

Tous les bijoux que fabriquent Michel Zimmermann et ses fils, Vincent et Pierre, sont faits entièrement à la main, sans aucun moulage.

La qualité de fabrication d'un bijou ou de tout autre objet repose sur trois principes fondamentaux. Tout d'abord, la qualité des matières premières : le choix des métaux précieux, le choix de très belles pierres précieuses et fines, le choix de magnifiques perles, procure en effet par l'intermédiaire des sens de la vue et du toucher une très belle perception du bijou.

Ensuite, la quantité de matière suffisante : le choix de la quantité de matière est lié directement en effet à la solidité, à la durabilité du bijou ainsi qu'aux proportions des différentes matières entre elles et à leurs équilibres.

Finalement, la compétence de l'ouvrier, incluant sa connaissance de l'ordre et des diverses étapes de fabrication, jointe aux deux premiers principes, permet au bijoutier-joaillier de faire naître de très belles pièces de bijouterie et de joaillerie.

LES PRINCIPALES ÉTAPES DE FABRICATION

La fabrication d'un lingot se fait en utilisant un chalumeau qui permet de fondre une petite quantité de métal précieux qui, à son tour, est versée dans une lingotière. Cette dernière est constituée de deux pièces d'acier coulissant latéralement de manière à pouvoir produire des lingots plus ou moins larges.

 

 

 

 

 

Le laminoir, par la rotation en sens inverse de deux rouleaux d'acier, permet de diminuer progressivement l'épaisseur du lingot, de la plaque ou du plané. Cette opération augmente fortement la densité du métal et est responsable, avec l'épaisseur choisie au départ, de la solidité d'un bijou fait à la main. Une plus grande densité du métal donne aussi une plus grande brillance au polissage.

Le traçage consiste à dessiner directement sur le métal les contours de chacun des éléments qui entre dans la fabrication du bijou. Le compas, merveilleux outil qui trace des parallèles, des cercles, des points symétriques, qui construit des angles droits, qui compare des dimensions, le réglet, l' aiguille d'acier et la plume trempée dans l'encre de Chine sont les principaux instruments de traçage des bijoutiers-joailliers. Des gabarits aident aussi à tracer plusieurs fois le même motif.

La fabrication de fil rond ou carré, à partir d'un lingot plus long que large, se fait en utilisant un tréfiloir et une filière, plaque d'acier percée de trous gradués au dixième de millimètre. Les corps de bagues, certains joncs et bracelets, les petites sertissures, les charnières, les griffes pour tenir les pierres sont fabriqués à partir de fils.

 

Le découpage se fait parfois avec une cisaille, mais le plus souvent on emploie la scie de bijoutier (trois dixièmes de millimètre) tenue à la main car elle permet de découper avec précision les formes les plus variées.

Le limage se fait avec de nombreuses formes et dimensions de limes : plates, carrées, rondes, triangulaires, ou encore, feuilles de sauge, dos d'âne, coulisses. Les limes permettent d'obtenir des surfaces courbes, creuses ou plates.

L' emboutissage se fait à l'aide d'un marteau et de bouterolles en buis ou en acier, parfois de ciselets. Il permet de donner du volume, de la vie, une troisième dimension aux pièces découpées.

La soudure permet de joindre solidement deux pièces de métal par la fusion de soudure fondant à une température un peu plus basse que le point de fusion des pièces à souder. Ce travail est très délicat et nécessite une grande concentration. La discrétion et l'emplacement de la soudure, le point de fusion le plus élevé possible, la quantité de soudure minimum sont des signes d'un travail bien fait.

Le papier d'émeri sert à rendre la surface des métaux la plus lisse possible, sans aucune trace de lime. La qualité de cette opération permet un polissage plus facile et plus beau tout en respectant parfaitement toutes les formes du bijou.

Le polissage, réalisé à l'aide de pâte à polir, poudre extrêmement fine mélangée à une matière liante, et d'un support en feutre ou d'un disque de coton ou de lanières en coton, permet par frottement d'obtenir des surfaces parfaitement lisses et brillantes.

Le sertissage consiste à rabattre par dessus la pierre qui doit être sertie une petite quantité de métal pour empêcher cette pierre de remonter vers le haut. Par ailleurs, une pierre bien assise avant serti ne peut ni descendre, ni bouger latéralement. Il existe plusieurs variétés de sertissage : le serti clos, le serti masse, le serti à grains, le serti calibré, le serti à griffes, le serti à brides, le serti descendu, le serti étoilé, le serti invisible, le serti mystérieux. Les techniques de sertissage influencent la beauté d'un bijou et doivent être adoptées dès les premiers dessins.

Après le sertissage, un dernier polissage donnera le lustre final. Suite à ces étapes, le bijou, fait à la main dans l'atelier du 46, Côte de la Fabrique, descend un étage pour se retrouver dans la boutique et éventuellement dans le site internet.

Michel Z.

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